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LETTRE RAPPORT | JANVIER 2011

LETTRE RAPPORT | JANVIER 2011

 



 

NOVEMBRE 2010

NOVEMBRE 2010

 

 


Mercredi le 5 mai 2010

 

Je m'excuse une fois de plus pour le retard à tenir les informations à jour. Depuis mon retour à la fin de mars les occupations n'ont pas manqué. À l’avenir, je vais essayer de vous informer au fur et à mesure, au lieu d'attendre de tout mettre d’un seul bloc. Nous projetons d’y ajouter des témoignages régulièrement.

 

VOYAGE PARRAINÉ PAR AIR TRANSAT

Mon dernier voyage remonte du 17 au 31 mars. La compagnie aérienne Air Transat a eu la générosité de me faire voyager à leur frais, à cause du travail humanitaire que j'entreprends en sol haïtien. Cette compagnie s'est déjà beaucoup impliquée dans toutes sortes d'aides pour les sinistrés d'Haïti et c'est dans cette perspective qu'ils m'ont accordé un vol gratuit. Je tiens à les remercier publiquement, car je crois à cette loi évangélique : « Donnez et vous recevrez ».  C’est ce que je leur souhaite sincèrement.

 

DISTRIBUTION ALIMENTAIRE

Depuis le début du mois de février jusqu’au 31 mars, nous avons donné une moyenne de 5 538 $ en devises américaines/ semaine pour nourrir environ 4,000 personnes. À ce rythme, presque tous les dons ne vont que pour suppléer aux besoins alimentaires. Nous espérions que les conteneurs de nourriture envoyés à l’organisme de charité du Frère Louis Jeune, « pende fatim », en provenance du Mexique, allégeraient notre fardeau pécuniaire. Malheureusement, Frère Guydler nous a informés que ces deux conteneurs n’étaient pas destinés uniquement pour les assemblées, mais bien pour la population en général. Bien entendu, les assemblées en ont reçu une part, mais cela est terminé depuis quelques semaines déjà. Le Frère Louis Jeune devrait en recevoir trois autres prochainement et Frère Guydler fera de son mieux pour en obtenir un, à l’intention des assemblées.

 

PROJET D'ABRIS

L'aide internationale continue à distribuer de plus en plus de tentes, mais le comité nous propose de ne pas investir dans des abris du genre « tempo », car ceux-ci ne sauraient tenir le coup, lors d’un ouragan. En effet, 9 ouragans majeurs sont prévus pendant la prochaine période cyclonique s’étendant de juin à septembre. Le comité nous propose plutôt d’investir à plus long terme en les aidant à construire une vingtaine de maisonnettes, comportant chacune deux chambres à coucher et coûtant quelques 5 813 $ U.S./pièce. Cette première vingtaine de maisonnettes permettrait à ceux qui avaient une maison et un terrain (avant le tremblement de terre) de se reloger aussitôt que possible. Pendant un ouragan, ces maisonnettes pourront loger provisoirement ceux qui seront encore sous les tentes fournies par l’aide internationale. Au fur et à mesure que les fonds seront disponibles, ils en construiront d’autres.

 

VOYAGES DANS LE PAYS.

Après plusieurs jours d'administration variée, je me suis déplacé jusqu'à Port-de-Paix pour rencontrer certaines assemblées. Bien que le nord du pays n’ait pas été atteint par le tremblement de terre, cette région connait toujours de grands besoins. Pour vous donner un exemple de l'extrême pauvreté de cette région, on m’avait dit, il y a quelques années lors d’un de mes voyages là-bas, qu’il n’y avait que 4 personnes de l'assemblée du Fr. Joseph Duval (qui compte au moins 250 personnes) qui avaient un travail avant le tremblement de terre. Et les choses ne se sont certainement pas améliorées. J’ai rencontré la veuve du frère Serge Laguerre, décédé l'année dernière. Elle a maintenant 22 personnes à sa charge. Nous lui avons fait un don de 500 $ U.S. pour l'aider à lancer un petit commerce. Nous vous ferons connaître ses besoins lors d’une interview, dans la section VIDÉO de mon site web. J’ai également interviewé le frère Muselin, un maçon qui a 13 enfants et qui n'a pas eu de travail depuis 2 ans. Il est aussi un des ministères de cette région. Il caresse un projet qui pourrait l'aider à faire vivre sa famille. Je lui ai dit que je ferais part de ses besoins. Vous pourrez l’entendre en parler prochainement dans la section vidéo de mon site également.

 

J’ai également visité l'assemblée du Cap Haïtien qui compte plus de mille membres. Le frère Nobert Louis est le fondateur de cette assemblée. Il en a aussi fondé environ une dizaine d'autres. Lors de la fin de semaine du 27 mars dernier, j'ai eu le privilège de visiter une toute nouvelle assemblée qui se situe à Conoyé, à une trentaine de minutes de Port-au-Prince. J'ai voyagé avec le frère Jean Batisien et deux autres frères de l'assemblée du frère Antonio Conserve de Santo. Nous nous sommes déplacés en « tap tap » jusqu'à Cabaret par la route principale menant vers le nord. De là, nous sommes montés trois sur une motocyclette, voyageant une quarantaine de minutes pour atteindre le sommet d’une haute montagne. Nous avons ensuite marché dans les montagnes pendant deux heures avant d’arriver chez un frère qui a construit une toute petite église en branches de palmier. Il nous a démontré une hospitalité touchante. Nous avons dormi chez lui et nous étions près le lendemain matin pour le culte. Après la réunion, nous sommes descendus jusqu'à la petite rivière où le frère Jean Batisien a baptisé 19 personnes dans le nom du Seigneur Jésus-Christ. Vous pourrez voir les photos sur le site : « Voyage à Conoyé. » Pendant mon séjour, j’ai prêché sept fois dans les différentes églises de la contrée. Mon thème principal était sur la foi en un Dieu qui pourvoit. J'ai donné cette citation du prophète qui les a beaucoup encouragés.

 

 LÀ OÙ, JE PENSE, LES PENTECÔTISTES ONT FAILLI - 11.11.1955 SAN FERNANDO, CA, USA 

« ..Vous ne pourrez jamais épuiser l'amour et la miséricorde de Dieu envers vous. Vous dites: «Eh bien, je n'aime pas trop Te déranger, Père.» Il veut être dérangé ainsi. Il le veut. Ne pensez jamais que vous pourriez demander trop à Dieu. Je crois que l'Écriture dit: «Vous ne recevez pas parce que vous ne demandez pas. ET VOUS NE DEMANDEZ PAS, PARCE QUE VOUS NE CROYEZ PAS.» Il veut que nous demandions et que nous croyions pour que notre joie soit parfaite. Il veut que vous demandiez beaucoup. Demandez de grandes choses, ne limitez pas votre foi à quelque petite graine de moutarde. Montez ici, à une autre sorte de foi et entrez dans de grandes choses. Demandez... Les grandes choses sont tout aussi faciles à recevoir que les petites choses. Vous n'avez qu'à croire, c'est tout. Et si vous avez la foi, et que vous savez vraiment l'utiliser correctement, ça ira très bien. VOUS N'AVEZ QU'À METTRE CELA À L'OEUVRE ET ÇA MARCHERA TOUT SIMPLEMENT.

 

BIBLES

Il est difficile de comprendre qu'environ un tiers des gens des assemblées n'ont pas de Bibles. Il est vrai que l'analphabétisme touche cinquante pour cent de la population. J'ai téléphoné aux deux centres de la Bible, mais ils n'avaient pas de Bible en magasin. Ils en attendent d'ici quelques semaines. Dès mon prochain voyage, je vais prévoir un budget pour ces besoins que j'estime à au moins 3,000 Bibles.

 

IMPRIMERIE

Pour le moment, il n’y a pas assez d'électricité pour faire fonctionner l’imprimerie. En attendant, nous donnons une allocation de subsistance aux deux employés. Il y aurait une alternative : l'achat d'une génératrice diésel à faible bruit et l'équipement connexe. Ceci représenterait un investissement d'une dizaine de milliers de dollars.

Lors de la fin de semaine du 11 avril, je suis allé donner un rapport missionnaire à Lima, en Ohio, suite à l'invitation du Fr. Jeff Jenkins. Il m’a présenté des frères de son assemblée qui sont intéressés à aider personnellement Haïti. L'un d’eux est le représentant d'une compagnie d'un nouveau concept énergétique où tout le toit devient une source d'énergie électrique.

Ceci pourrait bien être la solution à nos problèmes d'approvisionnement énergétique. Les panneaux solaires sont bien, mais ils sont dispendieux et faciles à voler. Je ne sais pas encore le prix de ce nouveau système, mais cela pourrait être inclus dans le projet du centre d'aide d'Haïti ou nous projetons avoir tout sous un même toit.

 

CENTRE D'AIDE POUR L'ÉPOUSE D'HAÏTI

Parlant du centre d’aide, j'ai entrepris des démarches d'information visant l'achat d'un terrain d'environ 256 pieds carrés. Dans un premier temps, nous pourrions y installer des conteneurs, en les transformant en abri. Ils pourraient nous servir de premiers bâtiments pour dispenser les services dont nous avons parlés dans les missives précédentes.

 

Pour le moment, je pense que cela résume assez bien mon dernier voyage.

 

Merci de votre soutien et de toute votre aide.

 

Que le Seigneur vous bénisse richement.

 

Frère André Petit

 

 

Jeudi 4 mars 2010

Bonjour à tous,

 

Nous nous excusons pour le retard dans les nouvelles étant donné le débordement de travail depuis mon retour d’Haïti et les préparatifs pour mon prochain voyage. Voici donc les dernières nouvelles que j’aimerais vous transmettre.

 

DIFFUSION ALIMENTAIRE

Chaque semaine, nous continuons à acheminer de l'aide financière pour nourrir les églises sinistrées. Nous les encourageons cependant à aller dans les lignes de distributions alimentaires afin de recevoir de l'aide de ce côté-là aussi. Ils étaient hésitants à y aller au début à cause des bousculades et du désordre qui y régnaient, mais le système de distribution provenant de l'aide internationale s'est maintenant amélioré et c'est devenu plus sécuritaire et plus facile d’y accéder. Si j ai bien compris, le comité de distribution avait estimé leur besoin, à 12 000 $ américains par semaine, sans compter sur l'aide internationale. Je leur ai expliqué qu’à ce rythme,  nous ne pourrions pas les aider pour plus de deux mois. J'ai également exhorté le comité de distribution ainsi que les pasteurs à encourager leurs fidèles à aller chercher cette aide, eux aussi, sinon il n’y aurait pas assez de fonds pour l'achat d’abris provisoires, tels des tentes ou des garages « tempo ».

 

ABRIS TEMPORAIRES

À cet effet, je suis en contact avec un frère canadien pour voir quel type d'abri nous pourrions acheter. Nous avons conclu qu'une tente ne serait pas le meilleur achat à faire. En effet, pendant les jours de pluie, ils devront non seulement habiter sous ces abris, mais aussi y préparer la nourriture, y dormir, etc. La grandeur minimale serait plutôt celle d’un garage démontable, mais il faudrait que celui-ci soit résistant au soleil intense et aux intempéries, tels les ouragans.

Si vous avez des idées, des connaissances, ou des connexions dans ce sens, vos commentaires seraient appréciés. Pour le moment, je leur ai demandé de me communiquer le nombre précis de familles ayant besoin d’un abri temporaire, le plus tôt possible. J’ai reçu un appel, ce soir, d’un ami haïtien qui m’a dit que le gouvernement avait commandé 100,000 tentes, mais que seulement 50,000 étaient arrivées et avaient été distribuées. Il y a d’autres organismes internationaux qui en ont distribué aussi, mais il reste encore un bon pourcentage de la population qui n’en a pas et qui reste assis des heures sous la pluie. Il m’a dit qu’un de ses amis avait payé 800 $ américains pour une tente de quatre places, pour pouvoir se loger lui, sa femme et leur nouveau-né.

 

PROJETS DE CONSTRUCTION À LONG TERME.

Le gouvernement interdit présentement la construction d’habitations plus durables. Les autorités doivent d’abord complètement restructurer l’urbanisation de la ville qui est presque totalement détruite. Il nous faudra donc attendre plus tard pour former des projets comme ceux-là. Plusieurs églises, tant du côté canadien qu’américain, m'ont communiqué leur désir de faire quelque chose dans ce sens et il y aura sûrement d’intéressants projets à réaliser dans le futur.

 

PROJET D’UN CENTRE D’AIDE POUR L’ÉPOUSE D’HAÏTI.

Comme il en a déjà été question dans le passé, nous pensons toujours créer un centre de distribution pour l'Épouse d'Haïti où nous pourrons avoir un centre de distribution de vêtements, de soins médicaux, optiques et dentaires. Il y a aussi de nombreux orphelins, qui étaient déjà orphelins avant le tremblement de terre, qui sont dans des conditions pitoyables. Il restera à recevoir la direction du Seigneur pour ces projets. Apparemment, il y aurait une trentaine de victimes à l'église du pasteur Guy Lamothe et environ six à l'église du Fr. Antonio Conserve qui sont très nécessiteux.

 

ENVOI D’AIDE PAR CONTENEUR

Plusieurs églises m’ont signalé leur désir de faire des envois de vêtements, de nourriture, d’aide médicale ou autre, par conteneur. J’ai eu des nouvelles d’un ami policier, dont le frère travaille à la sécurité des conteneurs au port, et il m’a dit que c’était bien surveillé. Nous cherchons maintenant un moyen d’éviter les frais de franchise. Il semble que seules les ONG (organisation non gouvernementale) ne payent pas de douanes. Je dois prendre des informations auprès d’un frère haïtien, qui a fondé un organisme d’aide pour les défavorisés, pour savoir si son organisme, reconnu au niveau du gouvernement, est exempt de franchise douanière. Si tel est le cas, cela pourrait nous être très utile lors des envois de conteneurs d’aide. Nous connaissons aussi un frère qui travaille aux douanes. Le plus grand problème à la douane est l'extrême lenteur des formalités. Je prendrai toutes ces informations lors de mon prochain voyage et je pourrai ainsi vous les communiquer.

 

VOS DONS

Si vous avez remarqué, nous ne divulguons plus le montant total des dons par mesure de sécurité et de spéculations… en Haïti. Cependant, si vous êtes désireux d’en connaître la somme, je me ferai un plaisir de vous en faire part; vous n’avez qu’à m’écrire.

 Nous continuons toujours à recevoir des dons. Que le Seigneur vous bénisse pour votre aide.

 

NOUVEAUTÉ SUR LE SITE www.missionandrepetit.ca

Nous travaillons de jour en jour pour vous donner plus d'informations, de témoignages et de photos sur le nouveau site web. L'aide pour Haïti sera de grande envergure et à long terme. Les efforts de tous et de chacun seront plus que bienvenus.

 

Celui qui donne au pauvre n'éprouve pas la disette,

Mais celui qui ferme les yeux est chargé de malédictions.

Proverbes 28, 27

Fraternellement,

Fr. André Petit

 

 

18 Février 2010 - 20h00

Voilà déjà près d'une semaine que je suis rentré au pays. Ce fut un long trajet de retour, mais par la grâce de Dieu, le tout s'est déroulé sans problèmes majeurs. Il y avait cependant beaucoup de travail qui m'attendait à la maison, et il fallait bien que je prenne quelques jours pour récupérer. Ceci étant dit, voici quelques nouvelles pour vous mettre à jour sur la situation en Haïti.

 

Lignes de distribution et priorités internationales

Nous nous étions rendus trois fois auprès des autorités de l'ONU, mais le dimanche 7 février, nous étions à même de constater qu'il y avait passablement de confusion concernant la distribution de l'aide internationale et la création de zones de distributions. D'un côté, on nous disait que Port-au-Prince avait été divisée en 16 secteurs et que la distribution des vivres se ferait à partir de coupons de nourriture distribués aux responsables de chaque zone respective. Cependant, en parlant avec les responsables de ces secteurs, j'ai appris que plusieurs d'entre eux n'avaient pas été avisés de la distribution de ces soi-disant coupons et que trois d'entre eux avaient même été avisés que la distribution de l'aide alimentaire n'était prévue que pour les hôpitaux et les orphelinats et ne pouvait faire l'objet d'une demande d'aide à des particuliers, ou à un groupe de particuliers.

 

Finalement, il semblerait que l'ONU ne pourra nous offrir que la distribution d'une aide domestique, telle des tentes, des ustensiles, de la literie, etc. Encore là, bien qu'ils aient pris toutes les coordonnées des frères responsables du comité de distribution, mais nous ne sommes pas assurés qu'ils y feront suite.

 

Organisation à l'interne

Suite à cette tournure des évènements, nous avons convoqué le comité de distribution constitué des pasteurs et des responsables des régions impliquées pour les encourager à continuer de se rencontrer tous les deux jours afin de se tenir au courant des besoins.

 

Pour l'instant, il semblerait que la seule façon de se procurer la nourriture offerte par l'aide internationale consiste à faire la queue dans les interminables lignes de distribution où l'on voit parfois surgir des moments d'agitation, malgré la surveillance des soldats américains. Nous avons été témoins d'un incident où un homme attaquait une femme pour lui ravir la portion qu'elle venait de recevoir. Saisissant brusquement le voleur, les soldats l'ont repoussé en lui criant de déguerpir au plus vite. On comprend que les frères soient craintifs de se joindre à ces longues lignes de distribution.


Force est de constater que la façon dont la distribution des vivres est réglementée est complètement hors de notre contrôle et que pour l'instant, nous devrons assumer l'aide alimentaire pour les quelque 4 000 croyants des régions dévastées.

 

Le Dr Levelt Eugène a été invité de se joindre au comité. Il tâche d'intéresser d'autres médecins, au sein des assemblées, à fournir une aide médicale pour les frères et sœurs dans le besoin. Ils pourront alors nous signaler les besoins et nous pourrons leur acheminer les médicaments, ou autres.

 

Nous avons également nommé deux administrateurs autorisés à retirer de l'argent du compte d'Haïti, là où nous déposons vos dons.

 

Bien entendu, je reste en communication avec les membres du comité, afin de coordonner les efforts de tous. Bien que la distribution de l'aide internationale ait débuté, il reste encore beaucoup à faire au niveau de l'organisation de cette distribution.


Voyage et fatigue

En début de lettre, je vous disais que j'avais eu besoin de temps pour refaire mes forces. Comme je vous avais indiqué, nous sommes partis jeudi dernier par l'autobus qui relie les deux capitales. Le voyage prend une bonne dizaine d'heures, sans compter que nous avons dû attendre à l'aéroport de Saint-Domingue jusqu'à trois heures du matin avant de nous envoler vers New York. Puis, une fois arrivés à l'aéroport new-yorkais, vers 7 heures du matin, il nous fallait attendre encore jusqu'à 10 heures pour le vol vers Burlington, au Vermont. De là, Fr. Raymond Hébert avait encore 6 heures de route à faire pour se rendre chez lui, à Madawaska, dans l'état américain du Maine. Le pire est qu'il était fiévreux et qu'il souffrait de la « tourista », cette redoutable gastro-entérite qui provoque la diarrhée. Bien qu'il commence à se rétablir, il me disait hier qu'il avait dû commencer un traitement antibiotique. Pour ma part, on était venu me chercher à l'aéroport de Burlington, et il ne me restait que deux heures de route pour arriver chez moi, à Granby. Par la grâce de Dieu, je fus épargné de cette terrible tourista, mais Fr. Georges Lamarre a continué d'en souffrir grandement jusqu'au samedi. Malgré la fatigue et les conditions de vie pénible là-bas, je compte y retourner dès le mois de mars pour continuer à leur porter secours.


Objectifs atteints et buts à plus long terme.

Je continue à communiquer, par téléphone, presque journellement avec les divers responsables en Haïti.

 

Fr. Abraham Joseph a maintenant complété la réparation de l'imprimante Riso. Bien que Fr. Raymond Hébert ait tenté par 3 ou 4 fois de dédouaner le papier d'imprimerie qu'il avait expédié l'année dernière il n'avait pas réussi à mener ce projet à terme avant notre départ. Comme les frères devaient poursuivre les démarches entreprises, ils ont peut-être réussi à compléter le tout, à l'heure actuelle. Comme le secteur n'est alimenté en électricité que quelques heures par jour, il faudra trouver des batteries pour faire fonctionner le convertisseur d'électricité (onduleur)... et l'impression des brochures pourra reprendre. La majorité des croyants ont tout perdu dans le tremblement de terre, brochures et Bibles aussi, évidemment.

 

Je continue aussi à communiquer avec les frères qui ont déjà offert dons et aide de toute sorte. Certains ont même déjà commencé le projet d'expédier un conteneur de nourriture et de vêtements. Je m'assurerai de leur transmettre les informations pertinentes et d'établir les contacts nécessaires. D'autres veulent prêter main-forte en allant construire des abris ou autres bâtiments. En effet, la saison des pluies approche à grands pas. Coordination et diligence sont à l'ordre du jour.


Pour ma part, Dieu voulant, je retournerai du 10 au 17 mars prochain. J'aimerais implanter un centre d'aide où nous pourrions distribuer des vêtements, des aliments, des lunettes, des soins médicaux et même offrir un logement pour les divers aidants, en provenance de l'étranger. Je pense aux centaines d'orphelins (qui étaient déjà orphelins, avant le séisme.) Je pense aussi à ce frère que j'avais rencontré, un jour, et qui souffrait nuit et jour, et ce, pendant de nombreux mois, d'un terrible mal de dents parce qu'ils n'avaient pas assez d'argent pour faire extraire la dent atteinte. Ce n'est certainement pas un cas isolé. Le centre d'aide pourrait également offrir des services dentaires.

 

Les besoins sont tellement grands! Mais nous pouvons voir grand avec les yeux de la foi, et avec votre implication et votre aide, je crois que nous pourrons leur apporter une aide considérable.

 

RENDRE LA VIE D' UN AUTRE UN PLUS FACILE

 b14....travaillions tous ensemble pour essayer d’aider notre semblable, pour lui rendre la vie un peu meilleure, pour rendre son voyage un peu plus agréable, je crois que Dieu serait plus content de nous tous. Ne le pensez-vous pas? Donc, si nos motifs sont justes, nos cœurs droits devant Dieu, nous essayons de faire tout ce que nous pouvons pour aider à rendre la vie un peu plus heureuse, l’un à l’autre.

 QUAND LEURS YEUX S’OUVRIRENT - 20.04.1956 SPINDALE, NC, USA b

 

Que Dieu vous bénisse tous,

 

Frère André Petit

 

10 Février 2010 - 16h00 .::EN DIRECT D'HAÏTI::.

Il y a toujours des millions de gens sans abri, mais par la grâce de Dieu, il n'y a pas encore eu de pluie.

Il fait cependant très chaud et l'air est rempli de toutes sortes de bactéries néfastes. Contre toute attente, un homme a été trouvé vivant, bien qu'il ait été sous les décombres depuis trois semaines. Il reçoit des soins à l'heure actuelle.

 

La situation actuelle

Les responsables de la société d'aide internationale de l'ONU joindront sous peu les responsables de notre comité de distribution pour commencer à distribuer du matériel domestique, tels qu’effets personnels, tentes et chaudrons.

Nous avons appris que la distribution de nourriture se ferait par secteur (exemple: Port-au-Prince est divisé en 15 secteurs, etc.) et qu'ils étaient à la recherche de personnes responsables fiables pour faire la distribution des coupons de nourriture dans chaque zone. Nos responsables feront donc le décompte des familles chrétiennes des villes de Port-au-Prince, Léogane Petit et Gand Goâve, selon les secteurs établis par l'aide internationale, et pourront obtenir un nombre équitable des coupons de nourriture selon les journées de distribution/secteur établi. Comme la région de Croix-des-Bouquets sera également divisée en secteurs, les responsables de cette région procéderont au décompte des familles chrétiennes qui habitent dans la vallée afin de recevoir leur part de coupons de nourriture.

 

La réparation de l'imprimante est en cours et nous avons pu récupérer le papier qui n'avait pas encore été dédouané au port. Le nouveau local d'imprimerie sera installé chez la cousine de Fr. Guy Cantave.

 

Par la grâce de Dieu, les besoins physiques et spirituels sont graduellement restaurés.

 

Le retour approche à grands pas

Dieu voulant, jeudi, nous prendrons l'autobus qui fait la navette entre Port-au-Prince et Santo Domingo, et prendrons le chemin du retour, par le vol de vendredi.

 

Que Dieu vous bénisse tous,

 

Frère André Petit.

 

 

8 Février 2010 - 07h30 .::EN DIRECT D'HAÏTI::.

Avant de poursuivre, j'aimerais corriger une erreur qui s'est glissée dans notre dernière missive. Il ne s'agissait pas du mari de Sr.Fillotte qui fut sauvé des décombres, mais bien de son gendre.

                                                                                                            *********************************

Le Seigneur appelle encore

Dimanche matin, Fr.Raymond et Fr.Georges se sont rendus à Cabaret pour célébrer le jour du Seigneur avec les chrétiens de cette région-là.

 

Pendant ce temps, je me suis rendu à Santo, pour apporter la Parole du Seigneur aux membres de l'assemblée de Fr. Conserve. Le Seigneur toucha profondément les coeurs et 9 personnes se sont avancées à l'autel pour se faire baptiser après la réunion.

 

Plus tard en après-midi, j'ai pu rencontrer le mari de Sr. Fillote qui n'est pas encore converti. Nous avons passé de merveilleux moments ensemble à discuter des traumatismes et des cicatrices de la vie et comment le Seigneur est tellement désireux de nous guérir de toutes nos blessures. Après la rencontre, il a manifesté le désir de me rencontrer. « Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. »

Actes 2:39

 

Persévérance et foi

D'ici notre retour prévu pour vendredi, le 12 février, nous continuerons à échanger et à discuter avec les frères et à faire des suivis auprès des sociétés d'aide de l'ONU. Nous désirons maximiser nos efforts afin de leur apporter la plus grande aide possible.

 

Que Dieu vous bénisse et vous garde,

 

Frère André Petit

 

7 Février 2010 - 09h15 .::EN DIRECT D'HAÏTI::.

Déjà une semaine en Haïti! Comme le temps passe vite, malgré le fait que nos journées soient bien remplies. En effet, levés à 5 h du matin pour aller voir les lignes de distribution, jusqu'à tard en soirée pour discuter de la meilleure façon de faire les choses, notre parcours quotidien nous mène de ville en ville, le long des routes crevassées et remplies d'amoncellements de roches, afin d'apporter secours et encouragement aux frères et soeurs dans le besoin.

 

La situation actuelle

Vendredi matin, en route vers Léogane et Aquin, nous avons vu les longues files de gens faisant la queue pour obtenir la nourriture distribuée par l'aide internationale. Ils sont tous cordés comme des sardines en lignes interminables s'allongeant souvent à plus de 1 km.

 

Lorsqu'on se rapproche de l'épicentre du tremblement de terre, on peut voir des failles importantes, profondes de quelques mètres, et des sections d'asphalte affaissées de 6 pouces [15 cm]. Tout est dévasté. Il y a même des gens qui se sont installés dans des abris de fortune, au milieu du terre-plein d'une route passante. À Petit Goave, le long de la mer, tout est détruit à 90 %, même les palmiers ont les pieds dans l'eau à cause de l'affaissement du sol.

 

À Bourdon, près de l'hôtel Montana où Frère Guy Cantave demeurait et où l'imprimerie était installée, il n'y a plus rien de reconnaissable. Le centre-ville n'est qu'un amoncellement de ruines. Nous avons vu des gens jeter du combustible dans les carcasses de voitures écrasées et dans les monceaux de débris afin de calciner les cadavres en décomposition qui s'y trouvent. Les rats circulent de plus en plus dans les rues.

 

Les gens de Ruelle-Jardine se servent toujours de l'église, encore toute droite, comme abri pour la nuit. De jour cependant, ils se retrouvent tous à la rue.

 

Grâce à Dieu, l'épouse tient bon

Lorsque les frères et soeurs nous voient arriver pour les secourir, leur courage se ranime. Ils ont toujours de merveilleux témoignages de la grâce de Dieu à nous faire part.

 

Frère Wetsel, par exemple, un retraité de 75 ans, nous raconte qu'ils étaient un groupe de frères et de soeurs réunis à l'église lorsque le séisme la secoua fortement et que le toit s'effondra sur la congrégation. Se rappelant que lorsqu'on loue Dieu, même dans le malheur, la mort ne peut nous atteindre, il continua à louer le Seigneur, même sous les décombres, et tout le groupe put s'échapper par deux issues, à chaque extrémité, sans aucun dommage corporel!

 

Soeur Fillotte, soeur du Frère Renel, nous racontait comment elle était en contact avec son mari, par téléphone cellulaire, au moment où celui-ci s'était fait prendre dans l'effondrement de l'endroit où il se trouvait. Elle accourut sur place et, avec l'aide d'autres personnes, ils ont réussi à le sortir des décombres. Ils avaient dû extraire de gros morceaux de pierre et même trois cadavres avant de l'atteindre. Il a subi quelques blessures, mais il est vivant! Par contre, leur fils a perdu la vie dans cette tragédie.

 

Que reste-t-il à faire?

Comme nous l'avons mentionné dans la dernière missive, nous avons déjà distribué une première tranche d'argent pour aider les 4 050 frères et soeurs des régions de Léogane, Port-au-Prince et Croix-des-Bouquets. Cependant, même avec la modique somme de 3 $/jour/personne, cela prendrait

84 000 $/semaine pour leur permettre de subsister. Le calcul est facile : malgré la générosité de tous, les dons amassés jusqu'à maintenant ne nous permettraient de les aider que pour une seule semaine.

 

Nous attendons impatiemment une réponse de L'ONU pour une meilleure distribution de nourriture pour nos biens aimés.

 

Bien que notre voyage tire à sa fin, nous resterons en communication avec le comité de distribution, que nous avons formé avec les pasteurs et dirigeants des églises locales, afin de suivre de près la manière de distribuer vos dons d'argent.

 

Vos prières et vos dons sont grandement appréciés.

 

Que Dieu vous bénisse,

 

Frère André Petit

 

 

5 Février 2010 - 11h30 .::EN DIRECT D'HAÏTI::.

L'opération nettoyage de Port-au-Prince se poursuit progressivement, mais la désolation plane toujours.

 

La situation actuelle

Nous avons formé un comité de distribution avec les pasteurs et les dirigeants des églises de la région de Port-auPrince, de la vallée de Croix-des-Bouquets et de Léogane. Ces régions regroupent 4 050 frères et soeurs. Bien qu'il commence à y avoir de l'aide internationale, la violence est souvent de la partie, et les croyants préfèrent ne pas s'y mêler de trop près.

Comme les besoins sont très grands, la totalité des sommes d'argent recueillies pourrait être tout utilisée pour répondre à cet unique besoin. Afin de conserver des fonds pour couvrir d'autres besoins tout aussi criants, le comité a décidé de distribuer une première tranche de 5 700 $ US . Combiné aux fonds offerts par Jeffersonville, ceci permet à chacun de subvenir à l'essentiel.

 

Le comité est ensuite allé porter une demande d'aide auprès de l'ONU, afin de bénéficier de l'aide internationale médicale et autre. Comme l'ONU reçoit actuellement un grand nombre de telles sollicitations, nous n'avons pas obtenu de réponse immédiate.

 

Nous sommes en train d'examiner l'état des imprimantes et autres machines d'imprimerie.  Bien qu'elles furent toutes rescapées, elles ont toutefois subi l'assaut de la poussière et les heurts inhérents au déménagement.

 

Les sismologues ayant déclaré qu'il ne restait plus que de 1 à 3 % de probabilité de tremblements secondaires, les gens sont maintenant autorisés à retourner dans les demeures qui ne se sont pas écroulées.

 

Les réunions continuent

Nous avons tenu deux réunions mercredi : Frère Georges a dirigé la réunion à Santo, pour l'assemblée de Frère Conserve pendant que nous en tenions une autre pour 300 membres, de l'assemblée de Fr. Guy Lamothe, qui s'étaient réunis dans la vallée, en plein air. 

 

Nous continuons de solliciter vos prières : que le Seigneur nous guide en toutes choses.

 

Que Dieu vous bénisse,

 

Frère André Petit

 

2 Février 2010 - 16h40 .::EN DIRECT D'HAÏTI::.

Notre avion s'est posé à Saint-Domingue (Santo Domingo), le vendredi 29 janvier, après un vol sans problèmes. Nous avons donc passé la nuit en République dominicaine pour prendre l'autobus qui fait la navette entre les deux capitales, samedi matin. Après 4 heures d'autobus et 2 heures aux douanes, nous sommes arrivés à Santo, au nord-est de Port-au-Prince, près de Croix-des-Bouquets, là où Fr. Conserve et Fr. Renel nous ont accueillis.

 

Situation actuelle

Bien que trois semaines se soient déjà écoulées depuis le tremblement de terre, la désolation règne toujours.

 

Dans la ville de Port-au-Prince, la distribution d'eau et de nourriture est amorcée. Le nettoyage de la ville est débuté, mais bien qu'il n'y ait plus de cadavres visibles, l'odeur de putréfaction est très présente due au grand nombre de cadavres toujours enfouis sous les décombres. Bien qu'ils aient commencé à dégager les rues, il y a encore beaucoup de désordre et d'amoncellements de débris, et les gens se promènent partout. La circulation en voiture est presque impossible; il est préférable de se déplacer à pied.

 

Comme l'édifice de la banque où nous faisions habituellement affaires s'est écroulé, nous devrons trouver une autre succursale. Cependant, à chaque point de service en état de marche, les files d'attente sont extrêmement longues et il faut parfois faire la queue pendant plus de deux heures pour obtenir un service bancaire. Nous projetons y retourner demain.

 

Comme Santo, où nous sommes hébergés, est plus éloignée de l'épicentre du séisme, on y trouve de l'eau et de la nourriture et Sr. Mireille, épouse de frère Renel, prend bien soin de nous. Ils ont même insisté que Fr. Raymond, Fr. Georges et moi soyons installés dans la maisonnette, dans l'arrière-cour de Fr. Renel. C'est un petit pavillon qui sert habituellement à accueillir les ministres. Selon les recommandations des sismologues, la majorité des activités se déroulent cependant encore à l'extérieur. Venus de la part de Voice of God, Fr. René Dupuis (de l'église de Shawinigan) ainsi que son compagnon de voyage étaient arrivés un peu avant nous. Bien que la situation actuelle en Haïti ne se prête certainement pas à faire la fête, nous pouvons prendre nos repas ensemble et avoir de bons moments de fraternité.

 

La grâce de Dieu manifestée

Malgré les ruines et la désolation, les témoignages de la grâce de Dieu sont nombreux. En effet, Fr. Levelt et son épouse, Martine, étaient dans leur voiture au moment du tremblement de terre. Ils devaient se rendre vers la droite, mais une voiture stationnée leur barrait le chemin, ils se sont donc déplacés sur la gauche... pour voir la voiture stationnée à leur droite être totalement écrasée sous l'édifice qui s'était écroulé sur elle. Leur voiture fut alors emprisonnée par les décombres d'un autre bâtiment. Ne pouvant plus ouvrir les portes de l'auto, Fr. Levelt eut la présence d'esprit de briser le pare-brise et de se sauver, ainsi que son épouse, par l'ouverture ainsi pratiquée. Aussitôt qu'ils eurent réussi à se sortir de là, la voiture fut totalement aplatie et ils virent un grand nombre de morts gisant tout autour d'eux. Bien que Sr. Martine soit toujours sous le choc et que Fr. Levelt a subi des blessures au dos, le Seigneur les a délivrés d'une mort certaine.

 

Un autre frère chrétien fut le seul survivant d'une usine qui s'est complètement écroulée; les 35 autres périrent sous les décombres.

 

Nous avons déjà mentionné que la partie de l'édifice abritant la petite imprimerie, à Port-au-Prince, ne s'était pas effondrée. En effet, aucune machine ne fut abimée et les frères ont réussi à emporter le matériel intact, en lieu sûr, avant le pillage.

 

Bien que le séisme ait ébranlé la maison de Fr. Georges, où se tiennent les réunions chrétiennes à Fort Jacques, dans la région montagneuse, elle a réussi à tenir le coup elle aussi. Gloire à Dieu, un bon nombre de frères et soeurs s'y sont rassemblés, dimanche; Fr. Georges a pu leur apporter la Parole. Par mesure de sécurité, la réunion fut tenue à l'extérieur.

 

Projets immédiats

En plus de voir à l'approvisionnement suffisant d'eau et de nourriture, nous projetons faire venir du sable et du gravier afin qu'ils puissent installer leur campement de fortune sur un sol qui s'irriguera rapidement en cas de pluie. Les deux semaines prévues passeront très vite!

 

Votre participation

Je continue de solliciter vos prières: les besoins sont tellement grands et il y a tant à faire! Que le Seigneur nous donne la sagesse et nous guide dans les décisions à prendre. Que Sa volonté soit faite.

 

Merci encore pour votre solidarité et votre grande générosité. C'est tellement réconfortant de recevoir l'appui des frères et soeurs du Canada, des États-Unis, de la Suisse, de l'Écosse, de la Russie, du Liban, de la Nouvelle-Zélande et de l'Australie. Que Dieu vous bénisse tous richement!

 

L'Épouse d'Haïti vous salue dans le nom du Seigneur Jésus-Christ,

 

Frère André Petit

 

26 janvier 2010 - 16h20

Depuis ma dernière missive, j'ai reçu un très grand nombre d'appels et de courriels en provenance du Canada, des États-Unis et de partout en Europe. Je me réjouis de la grande générosité et de tout l'amour fraternel manifesté envers les frères et sœurs d'Haïti, en ces moments douloureux de l'histoire. Selon les reportages journalistiques, il s'agirait, en effet, de la plus grande catastrophe mondiale depuis la fondation de l'ONU, en 1945.


Voici enfin quelques précisions et nouvelles d'Haïti:

 

Voyage reporté au 29 janvier 2010

Comme l'aéroport de la capitale est strictement réservé aux transporteurs aériens de secours, je me rendrai plutôt en République Dominicaine, le 29 janvier prochain, et traverserai en Haïti par l'autobus qui fait la navette entre les deux capitales. L'autobus nous déposera justement tout près de Croix-des-Bouquets, où un grand nombre de chrétiens se sont réfugiés pour échapper à la violence et aux conditions malsaines qui règnent à Port-au-Prince. Les frères Raymond Hébert et Georges Lamarre voyageront toujours avec moi. Comme il n'est pas recommandé de loger à l'intérieur des édifices (qui pourraient s'écrouler à tout moment), nous apporterons nos tentes et nous nous installerons parmi les croyants, dans la plaine de Croix-des-Bouquets.


Besoins vitaux – condition actuelle

Selon un récent courriel de la part du frère Montas Giovanni, les saints n'ont toujours pas eu accès à l'aide internationale, que ce soit pour l'eau ou la nourriture, ou encore pour les soins médicaux: les croyants s'arrangent entre eux et font tout ce qu'ils peuvent pour se soutenir les uns les autres, à tout point de vue. Il semblerait qu'il y a un problème de distribution et à peine 20% de la population n'a pu recevoir de l'aide. Partout, il y a des pancartes disant: «We need Help: we have no food, no water», en anglais. Les places publiques et les campagnes sont devenues des lieux d'hébergement, mais il n'y a aucun système hygiénique. Les épidémies courent déjà, mais par la Grâce de Dieu, le campements de Ruelle-Jardine, dans la capitale, et celui de Croix-des-Bouquets, dans la plaine, en sont exempts. Ils ont tous bien hâte de nous voir, le 29 janvier prochain.

 

Notre mission

Dans un premier temps, nous désirons les aider à se procurer de l'eau et de la nourriture. Vos dons serviront donc d'abord à répondre à leur besoins vitaux. Comme la dévastation est très grande, il faut penser à plus long terme aussi. Il y aura de grands besoins pour les infirmes, les sans abri, les veuves, les orphelins et toutes sortes de conditions qu'il nous est impossible d'évaluer pour le moment. Il est bien clair que nous devrons retourner souvent et que l'épouse à travers le monde aura un rôle à jouer pendant de nombreuses années.

 

Les interventions divines – rectifications

Frère Montas tenait également à me préciser que non seulement l'église de la capitale était bel et bien encore debout, mais qu'elle n'avait même pas fissuré! Elle sert même d'abri à de nombreux croyants qui n'ont pas pu quitter la ville, ainsi qu'à plusieurs citoyens de cet arrondissement.


Il m'a aussi précisé que le pasteur, Fr. Guy Lamothe, n'était pas absent de la maison, comme je l'avais écrit dans ma dernière missive, mais qu'il était à l'intérieur de la maison, avec sa famille, lorsque la terre a commencé à trembler. Il est alors sorti à l'extérieur avec son épouse pour dire à la nature: «Calme-toi, nature!» La nature s'est calmée un moment et ils ont tous pu sortir juste avant que la maison s'effondre... tous, sauf un de leurs fils, David. Sans même prendre le temps de prier, ils se sont mis à remercier le Seigneur d'avoir frayer un chemin pour que David puisse sortir; des biens-aimés sont venus prêter main forte, et par la grâce de Dieu, David s'en est sorti sain et sauf! Leur plus jeune fille était à l'université et elle a tout juste eu le temps de sortir avant que l'édifice ne s'écroule. Que Dieu est grand! L'étudiante juste derrière elle n'a pas pu s'échapper.

 

En ce qui concerne le frère Guy Cantave et sa famille, ils étaient effectivement à l'extérieur de la maison au moment du séisme, mais que le Seigneur reçoive toute honneur et toute gloire, c'est bien parce que l'épouse de Fr. Guy avait insister qu'ils sortent un peu pour son anniversaire, qu'ils ne s'y trouvaient pas! En effet, frère Guy voulait simplement rester à la maison pour prier et méditer. Pendant leur sortie, leur fille unique, Rachel, était aller acheter un gâteau pour lui faire une surprise. C'est ainsi qu'ils ont tous été sauvés. Les pas du juste sont conduits de l'Éternel!

 

Remerciements

Les frères me demandent de vous remercier pour toutes vos prières et votre générosité. En effet, l'Épouse de Jésus-Christ en Haïti est vraiment reconnaissante pour tout ce que le Seigneur fait au milieu d'elle et pour tout le soutien apporté par les membres du Corps, à travers le monde. Tous ceux avec qui j'ai pu correspondre m'ont affirmé avoir déjà senti le soutien spirituel venant de toutes parts... et qu'ils l'apprécient énormément.

 

Suivis

Bien que les communications soient très difficiles là-bas, je tente de me procurer un système de communication fiable afin de pouvoir continuer de vous donner des nouvelles, une fois sur place. Pour l'instant, il y a quelques deux millions d'individus sans abri: l'aide internationale devra installer des camps de réfugiés... puis il y aura une ville entière à rebâtir. Dieu voulant, j'y retournerai régulièrement.

 

Merci encore aux nombreux donateurs. Veuillez continuer à faire connaître les besoins de l'épouse en Haïti.

 

Que Dieu vous bénisse et vous garde,

 

Frère André Petit
 

Que chacun donne comme il l'a résolu en son coeur, sans tristesse ni contrainte;

car Dieu aime celui qui donne avec joie.

II Corinthiens 7

 

 

18 janvier 2010 - 23h00

Voilà déjà trois jours depuis le dernier rapport sur la situation en Haïti. La raison en est fort simple: ils n'avaient pu établir que quelques brèves communications téléphoniques entrecoupées, tandis que nous n'avions pas réussi à les atteindre du tout.

 

Voici donc les quelques nouvelles dont nous disposons:

 

Église de Port-au Prince

L'église de la capitale, située sur la rue Ruelle-Jardine en plein centre ville de Port-au-Prince, là où quelques 2,000 croyants se réunissent, est restée debout comme un trophée divin, au milieu des destructions massives qui l'entourent de toutes parts. Bien entendu, il n'y a pas eu de réunion, dimanche dernier le 17 janvier 2010, partiellement à cause des débris qui encombrent les rues, mais surtout à cause des nombreux cadavres en décomposition qui jonchent les trottoirs, ce qui exposerait les gens à contracter la peste, ou autre maladie contagieuse. Il semble que les gens de Port-au-Prince quittent la ville pour éviter ces dangers.

 

Le pasteur de cette grande assemblée, le Fr. Guy Lamothe et sa famille, ont échappés à la mort, étant absents de leur maison à l'heure du drame. Sa maison s'est complètement écroulée et ils doivent présentement se loger sous les arbres, dans la plaine de Croix-des-bouquets, à 12 km au nord-ouest de Port-au-Prince.

 

Tôt ce matin, j'ai eu un téléphone du Fr. Félix de l'assemblée de Fond Cheval, située à une trentaine de kilomètres de Port-au-Prince. Il m'a dit que leur petite église de campagne s'était écroulée. Il se rend fréquemment à Port-au-Prince. La communication était très mauvaise, mais il a quand même réussi à répondre à quelques-unes de mes questions avant que la ligne soit coupée. Il m'a dit que plusieurs bien-aimés avaient subi de nombreuses fractures: jambes, pieds, mains, bras etc... sans pouvoir obtenir de soins médicaux. Bien qu'il n'avait pas entendu parler de mortalité parmi les croyants de l'assemblée de Ruelle-Jardine, il est difficile de se prononcer à ce sujet, puisqu'il n'y a pas encore eu de rencontre générale, à l'église, depuis le séisme.

 

Église de Croix-des-Bouquets

Par contre, à l'assemblée du Frère Antonio Conserve, située plus bas dans la plaine à Croix-des-Bouquets, on nous a dit que deux personnes étaient décédées, dont le neveu du Fr. Ivenel Tanis. L'auditorium que Fr. Tanis a construit, et qui peut recevoir 8,000 personnes, a miraculeusement résisté aux secousses. Seule, une partie de la clôture-muraille extérieure est tombée. Je lui ai aussi demandé si les frères avaient pu se procurer de la nourriture que les groupes d'aide tentent de leur apporter. Sans me répondre directement, il m' a dit que le besoin le plus urgent était une aide financière pour acheter de la nourriture. Il semblerait qu'une certaine nourriture soit présentement disponible, mais qu'ils n'ont pas l'argent nécessaire pour en acheter.

 

Voyage prévu imminent

Fr. Raymond Hébert de Madawaska (dans l'état du Maine aux États-Unis) et moi avons déjà des billets pour Haïti, du 27 janvier au 10 février prochains. D'ici mardi ou mercredi, je devrais être en mesure de savoir si la compagnie aérienne sera capable de maintenir les vol prévus. Advenant une impossibilité de leur part, nous voyagerons par la République Dominicaine pour atteindre Haïti. Le Fr. Georges Lamarre, qui est originaire d'Haïti et qui habite présentement à New-York, se joindra à nous pour ce voyage.

 

Urgents besoins médicaux

Nous avons besoin de médecins pour venir avec nous le 27 janvier.

En effet, les besoins de soins médicaux sont très grands, surtout pour les cas de fractures multiples. Il y a cependant une grande pénurie de médecins, en ce moment. Nous pourrions transporter du matériel nécessaire à cette aide médicale, dans nos valises.  Si vous êtes disponible contactez-nous immédiatement.

 

Distribution des dons

Bien entendu, nous vous remercions pour les nombreux dons qui nous sont parvenus jusqu'à maintenant. Nous sommes certainement disposés à retourner en Haïti autant de fois que nécessaire, afin de bien gérer la répartitions de vos dons. Comme j'ai donné ma démission pastorale en novembre dernier, pour me consacrer à temps plein à l'œuvre missionnaire, je suis pleinement disponible pour faire le travail qui s'impose. De plus, comme on y parle le créole et le français, la communication avec le peuple haïtien est grandement facilité.

N'hésitez pas à nous joindre pour toutes questions relatives au projet d'aide pour Haïti.

 

Un grand merci pour tout!

 

Que le Seigneur vous bénisse richement,

 

Fr. André Petit

 

Au moment d'écrire ces lignes (vers 5:30 p.m.), j'ai reçu un appel téléphonique du Fr. Abraham Joseph, un employé de l'imprimerie. Il m'a informé que, seul, le rez-de-chaussée avait résisté à l'écrasement de l'édifice à 4 étages qui abritait l'imprimerie. Par contre, sa propre maison s'était complètement effondrée. Il se rendra donc plus au nord, à Dérac, là où des membres de sa parenté pourront l'accueillir avec sa famille.

 

 

14 janvier 2010 - 18h15

Merci pour les nombreux appels d’offres d’aide financière que j’ai reçu depuis deux jours. Nous étions sans nouvelles des Saints mais aujourd’hui j’ai reçu un appel téléphonique de quelques secondes après quoi la liaison fut rompue. C’était le Fr. Abraham qui travaille pour l’imprimerie du message que nous opérons depuis quelques années qui était au bout de la ligne. Il m’ a dit que par la grâce de Dieu il tenait bon.

 

Je me suis empressé de lui demander s’il y avait des morts parmi les chrétiens. Il m’a répondu qu’il n’avait pas encore entendu dire qu’il y en avait mais que l’édifice appartenant au Fr. Georges Lamarre ou nous imprimions était complètement détruit et que l’édifice des beaux parents du Fr. Georges ou habite le Fr. Guy Cantave responsable de la distribution du message pour la Voix de Dieu était aussi complètement détruit. Nous vous tiendrons au courant de tout autre développement.

 

Si vous avez des dons en argent à leur envoyer écrivez-moi à l’adresse suivante : soshaiti@eveninglight.ca et je vous enverrai les informations bancaires pour le faire.

 

Merci encore une fois pour votre support.

Fr. André Petit